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1- L'édification de la Ligne Maginot

Enrichis des enseignements et constatations acquis au cours des précédents conflits, les Français se lancent dans la construction d'une nouvelle ceinture fortifiée destinée à stopper toute invasion Allemande.
Cette « Grande Muraille » est constituée d'ouvrages défensifs et remarquablement conservée.
Cette fois, on renonce à fortifier les villes au profit de fortifications linéaires comprenant une forte densité de gros ouvrages possédant de l'artillerie, des petits ouvrages d'infanterie et des casemates d'intervalle.
Ainsi, en Moselle sont réalisés 177 ouvrages CORF (Commission d'Organisation des Régions Fortifiées), 2000 ouvrages de seconde ligne, 175 km de réseau de rails anti-chars, un dispositif hydraulique d'inondation des vallées de la Nied, de la Sarre et de leurs affluents (c'est la Ligne Maginot aquatique) et toute une infrastructure arrière dont 20 casemates.

On distingue donc trois catégories d'ouvrages :

>Les gros ouvrages d'artillerie (équipage de 300 à 1000 hommes).


On peut citer :
Le Galgenberg à proximité de Cattenom
Le Hackenberg, le « Géant » de la Ligne Maginot
Le Michelsberg près du village de Dalstein
Le Simserhof près de Bitche


>Les petits ouvrages (moins de 300 hommes). Comme c'est le cas pour:
Fort de Bambesch près de Bambiderstroff
Fort Casso près de Rohrbach-les-Bitche
Fort aux Fresques à Hestroff

>Les ouvrages d'intervalle :
L'abri de Bockange qui servait de casernement à environ 100 hommes.
L'abri du Zeiterholz (à proximité du village d'Entrange)

On peut, pour finir parler des Festen c'est-à-dire des fortifications édifiées sous l'annexion allemande puisque certains ont été réintégrés dans le système Maginot. C'est le cas du Groupe Fortifié de l'Aisne (près du village de Verny) ou encore de celui de Guentrange (à Thionville) qui accueillait prés de 2000 hommes..
Voilà la Moselle parée d'une ligne défensive réputée infaillible lorsque la guerre éclate.

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détaillée des ouvrages.


2- La seconde Guerre Mondiale en Moselle

Malgré de vaines tentatives de négociations, la guerre est déclarée.
Dès septembre 1939, environ 1/3 de la population doit être évacuée. Ce vaste exode transforme, dans un premier temps, la Moselle en un immense camp pour les soldats, et, par la suite en champ de bataille.
La Ligne Maginot a bien accompli son rôle dissuasif, obligeant l'ennemi, une fois de plus à violer la neutralité Belge.
Lorsque l'Armistice du 22 juin 1940 est signé, sur les 49 plus gros ouvrages de Lorraine que comptait la Ligne Maginot, les Allemands n'avaient réussi à en prendre que 5. Les autres, parfois bien endommagés avaient bien résisté et auraient encore pu tenir longtemps.
Il faut souligner l'offensive allemande du général Von Witzleben, le 14 juin 1940, qui s'est soldée par une victoire française au prix de 700 morts français et 1200 allemands. Mais, ce soir là, l'Etat Major français donne l'ordre de repli aux troupes d'intervalle peu préparées à ce type de manoeuvre en raison de la lourdeur du matériel. Dès lors, les communications sont coupées. C'est pour cette raison que certains ouvrages ne se sont rendus que début juillet, après utilisation des dernières cartouches.

Commence alors pour les Alsaciens-Mosellans une nouvelle période d'annexion au IIIe Reich que l'on peut résumer par une succession de termes très sombres : expulsions, colonisation, spoliations...
La nazification de la Moselle se fit au prix de nombreuses vies : ce sera le R.A.D (service du travail obligatoire) pour 42000 garçons et filles de 18 à 25 ans dès l'automne 1941, l'incorporation dans la Wehrmacht pour 30000 mosellans envoyés, pour la plupart, sur le front Russe d'octobre 1942 à novembre 1944, mais également des déportations, internements (on peut parler ici du rôle de la casemate A du Fort de Queuleu, antichambre du camp de concentration de Stuthof-Natzwiller), exécutions sommaires en répression contre les actes de résistance qui furent particulièrement nombreux en Moselle.

Après quatre années passées sous la dictature nazie, Metz est enfin libérée le 22 novembre, le dernier fort de la Moselstellung capitule le 13 décembre et l'est de la Moselle est libéré le 21 mars 1945 après la réduction des poches de Forbach et de Bitche.