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1- Le conflit Franco-Allemand de 1870-71

« L'année terrible » selon Victor Hugo, qui a été fatale à la Moselle.
Résultat d'intérêts personnels de part et d'autre : celle de Bismarck de réaliser l'unité allemande, qui passe par l'union avec la Prusse, et celle de Napoléon III de regagner en France et à l'étranger, le prestige perdu en raison de plusieurs revers diplomatiques.
L'étincelle qui met le feu aux poudres est « la Dépêche d'Ems » (13/07/1870), un compte-rendu publié par Bismarck à propos de la succession au trône d'Espagne (la France refuse la candidature d'un prussien). Humiliée, la France déclare la guerre à la Prusse le 19/07/1870.
Un grand nombre de batailles se déroulèrent sur le sol mosellan.
Devant une armée allemande plus nombreuse mais surtout mieux commandée, les défaites françaises s'enchaînent.
Le 6 août, ce sont les batailles de Spicheren, Forbach et Freyming, qui, en raison d'une très mauvaise coordination entre les différents généraux, s'achèvent par des pertes considérables.
Dès lors débute le repli de l'armée de Lorraine sous la protection des Forts avancés de Metz. Les armées sont dans l'impossibilité d'avoir des actions cohérentes et tout va très vite.
Vinrent les batailles de Borny (374 morts du côté français), Rezonville (16940 français hors de combat), Gravelotte et Saint-Privat (1146 soldats français sont morts) et enfin Noisseville les 14,16,18 et 31 août. Les armées succombent à Metz où Bazaine livre honteusement 173000 hommes le 27 octobre 1870.
Thionville capitule le 24 novembre, Longwy le 25 janvier 1871 et Bitche, après l'Armistice, le 12 mars 1871 (et sur demande des autorités française !).
Le Traité de Francfort du 10 mai 1871 met fin au conflit. Le nouvel Empire Allemand annexe les Bas et Haut Rhin (sauf Belfort) et la Moselle qui forment la Terre d'Empire (Reichsland) d'Alsace-Moselle.

On peut constater deux phases dans cette annexion et on peut globalement parler d'avant 1890 et d'après 1890. (Guillaume II, empereur de 1888 à 1918 était plus souple).
En effet, la première phase a été une phase de germanisation intensive (culturelle, linguistique, morale, mais aussi administrative...)
Après la démission de Bismarck, la rigueur s'atténua.. La germanisation avait rempli son rôle, l'économie avait repris. Malgré tout, la revanche restait un rêve et l'espoir de réintégrer la France a toujours été très vif en Moselle ( rôle du Souvenir français).

2- Une amélioration de la protection des frontières est nécessaire

Rapidement, les Allemands reprennent les Forts déjà construits et achèvent , selon les projets français, cette ceinture intérieure de fortifications par les ouvrages Decaen (Schwerin), St Privat ( August Von Württemberg), Déroulède, Gambetta (Hindersin à Woippy), et les Bordes (à Borny).
Tous ces Forts étaient encore de type « Fort de masse » c'est-à-dire un ensemble compact entouré d'un fossé, leur artillerie était positionnée sur le dessus de l'ouvrage entre des merlons de terre ; seules les munitions étaient abritées dans des niches et abris.
Les intervalles entre les ouvrages seront organisés et fortifiés durant la période 1885-86 par l'adjonction de batteries cuirassées ( à Plappeville par exemple).
Parallèlement aux progrès de l'artillerie (par l'invention d'une nouvelle poudre: la mélinite), des études sur de nouvelles techniques de fortifications sont réalisées et ces évolutions sont rapidement assimilées par les responsables du Génie Allemand.
Elles conduisent à la modification des Forts existants( on bétonne essentiellement) et on envisage , à partir de 1896 de construire une deuxième ceinture située à 10 km en moyenne des portes de Metz. Tous les points élevées sont occupés.
Ces travaux de fortifications marquent également le début des concepts de Groupe Fortifié ou Festen en allemand. Un Groupe Fortifié est un ensemble de bâtiments et d'organes de combats mais reliés entre eux par des galeries souterraines et permettent donc d'avoir une action coordonnée. Les plus importants sont le Festen de l'Aisne (près de Verny) et celui de Guentrange (à Thionville).

Cette construction se déroulera en trois étapes :
La rive gauche de la Moselle et le Groupe Fortifié de Verdun.
La rive droite de la Moselle (Groupe Fortifié de l'Aisne ou Feste Wagner).
Les batteries avancées (Sainte Barbe ou Sorbey)


Cependant, ces vastes travaux de fortifications ne sont pas achevés lors de l'entrée en guerre en 1914. Des améliorations et des nouvelles constructions seront réalisées au cours de la guerre, fortes de l'expérience acquise depuis le début de la guerre et parfois même imposées par celle-ci ( la guerre de position nécessite l'aménagement de tranchées et des fortifications de campagne à proximité).


3- La Grande Guerre en Moselle

On ne peut pas dire que la récupération de l'Alsace-Moselle a été à l'origine de la Grande Guerre même si cette préoccupation n'a jamais quitté les esprits. Par contre, le processus de germanisation s'intensifie pour intégrer définitivement le Reichsland au grand Reich.
C'est l'embrasement dans les Balkans et le jeu des alliances qui causèrent la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France le 3 août 1914.
Après l'échec des grandes offensives de Morhange et de Sarrebourg (14 et 20 août 1914), les Allemands sont toujours maîtres d'une Moselle grandie du pays de Briey, Longwy et d'une partie de la Meuse occidentale. Ils utilisent la Moselle comme base logistique nécessaire à l'offensive de guerre(qui ne se déroulent plus sur le sol mosellan).
Mais la guerre prend un tournant nouveau (notamment avec l'arrivée des américains en 1917) et, après des pertes considérables, les troupes françaises entrent à Metz le 18 novembre 1918.
Le traité de Versailles du 28 juin 1919 rend l'Alsace-Moselle à la France, ce qui ne va pas sans poser des problèmes de réintégration de cette Moselle germanophone aux réalités françaises.

L'Allemagne n'a jamais supporté ce « Diktat » de Versailles , et, au cours des années 1930, Hitler le démantèle petit à petit : la Sarre, par plébiscite, retourne à l'Allemagne en 1935, la Rhénanie est remilitarisée et, une fois de plus, la Moselle se retrouve en première ligne et, se sentant menacée, entreprend la construction de la Ligne Maginot.

Autres sites à découvrir :
http://perso.wanadoo.fr/memorial.14-18/
http://www.verdun-douaumont.com/
http://www.multimania.com/greatwar/