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L'Histoire de la Moselle ne peut se comprendre si on ne l'inscrit pas dans celle de la Lorraine.
Sans remonter à 843 (Traité de Verdun) qui sépare l'héritage de Charlemagne en trois entités politiques : la Francie, la Lotharingie et la Germanie, déjà à cette époque, la future Lorraine est et restera cet Etat tampon entre les deux grandes puissances des époques futures, à savoir, la France et les Pays Germaniques.
On pourrait, pour retracer un historique de la Moselle, remonter très loin dans le temps. Cependant, pour expliquer l'origine des multiples conflits dont elle a été victime, il est intéressant de remonter au XVIe siècle c'est-à-dire à la formation des Etats modernes.

1-La future Moselle du XVIe au XIXe siècle

Au XVIe siècle, la future Moselle n'est qu'un enchevêtrement composée de fragments de multiples « Etats » (princiers:le Duché de Lorraine, ecclésiastiques:l'Evêché de Metz, urbains: la République de Metz...), mais ce qui est important ici, c'est que tous prêtent serment de fidélité au Saint-Empire.
Elle est délimitée à l'ouest par le nord du Duché de Bar et est composée pour sa partie orientale de la partie germanophone du Duché de Lorraine: le Baillage d'Allemagne
Entre ces terres lorraines, s'alignent du nord au sud, la prévôté de Thionville (qui appartient à la Bourgogne désormais aux mains des Habsbourg), la République de Metz, et les territoires du temporel de l'Evêché de Metz.
Elle est en quelque sorte une région enclavée et ne jouit donc pas d'une position confortable, située entre des Etats en pleine formation : le Royaume de France, désireux de l'incorporer afin d'atteindre la frontière naturelle que constitue le Rhin, et le Saint Empire Romain Germanique, soucieux de réaliser son unité.

Tout au long de son histoire, la Moselle est convoitée par ces deux grandes puissances et est donc le terrain de multiples affrontements :
1552 est une date charnière pour l'histoire de Metz. Après le fameux siège de la ville qui opposa Henri II et Charles Quint, les Trois Evêchés (Metz, Toul et Verdun) sont intégrés au Royaume de France (c'est à cette époque que la citadelle de Metz est construite). A la même période, les guerres de religion font rage et la Moselle est un des foyers de la contre-réforme.

La Guerre de Trente ans ( 1618-1648) déborde largement sur l'espace lorrain et la Moselle est agressée de tous les côtés. La France et l'Empire se la disputent et le Duc, malgré ses promesses de neutralité sert le camp Hispano-impérial.

C'est Louis XIV qui impose sa souveraineté à l'ensemble des Duchés (le Traité de Westphalie en 1648 officialise l'intégration des trois Evêchés dans le Royaume de France).
Il est conscient de la position inconfortable mais pourtant stratégique de la région. D'où l'intervention de Vauban ; qui, par une simple phrase adressée au Roi, souligne l'importance de Metz et de la Moselle : « Les places fortes de votre Majesté défendent chacune une province, Metz défend l'État ».

La Lorraine retrouve sa souveraineté avec le traité de Ryswick en 1697 et est confiée au Duc Léopold Ier puis, après le Traité de Vienne ( fin de la guerre de succession de Pologne en 1735-38) au Roi déchu de Pologne, Stanislas Leszczynski ( le beau-père de Louis XV).
A sa mort, en 1766, la Lorraine est réunie au Royaume de France.
S'ensuit une période de paix française pendant laquelle on se préoccupe de militariser la Moselle ( rôle de Metz, Thionville, Longwy, Bitche, Sarrelouis…)

Lors des Guerres Révolutionnaires, la Moselle est le support logistique des différentes offensives et subit de nouveaux remaniements de frontières. En 1815, après le Traité de Paris, elle gagne Schambourg, Philippsbourg, Baerenthal, le Comté de Créhange (10 villages) mais perd son flan sarrelouisien. C'est la Révolution qui va créer les quatre départements lorrains.

La Moselle est donc certainement le département qui a connu le plus de vicissitudes au cours de sa formation. A la fin du XIXe siècle, elle n'en est cependant pas au bout de ses peines car elle est la région tampon entre les deux « Géants » qui n'auront de cesse de se la disputer.

2-Un situation géographique qui nécessite la construction de fortifications

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la montée en puissance de la Prusse en Europe après ses victoires sur le Danemark (1804) et l'Autriche (1866), a fait craindre en France ce proche voisin.
A la fin du XIXe siècle, la défense de la Lorraine s'appuyait essentiellement sur les anciennes places fortes héritées de Vauban et Cormontaigne, qui avaient, au cours des XVIIIe et XIXe siècles subi quelques réparations et de modestes améliorations mais demeuraient malgré tout, largement dépassées.
Ainsi, sous l'impulsion des chefs militaires de l'époque et en particulier du Lieutenant Séré de Rivières, commandant le Génie militaire, la décision de fortifier Metz, gardienne des frontières de l'Est, a été prise.

Les projets débutent en 1865 par la construction de quatre forts avancés. Il s'agit :
Du Fort Diou sur le Mont Saint Quentin
Du Fort de Queuleu (le plus vaste)
Du Fort Saint Julien
Du Fort des Carrières (Plappeville)

Ailleurs, les vieilles places fortes de l'Est et du Nord-Est telles Phalsbourg, Toul, Verdun, Longwy, Montmédy, Mézières, Belfort, Marsal et Bitche ne subirent pas de modifications et, dans l'état, étaient donc incapables d'arrêter une éventuelle invasion.

Lors de la déclaration de guerre les fortifications françaises ne sont pas achevées.